Le 26/03/2021

Red Pill : le bon, le moins bon et le mauvais [PARTIE 3] - Amour, (Dés)équilibre et misogynie

Red Pill : le bon, le moins bon et le mauvais [PARTIE 3] - Amour, (Dés)équilibre et misogynie
Analyse critique des différents bons et mauvais points de la Red Pill (amour, dés/équilibre et misogynie)

Bonjour et bienvenue,

c'est Bertrand de la Fondation MAGister, l’école des Héros du monde réel.

Dans cet épisode on va continuer à parler des bons et des mauvais points de la Red Pill.

Pour rappel, la Red Pill dont il est question ici, c'est une idéologie masculine qui a éclos un peu partout sur Internet à propos de la nature des hommes et des femmes, notamment vis-à-vis des relations hommes femmes.

Comment fonctionne les femmes, qu'est-ce qu'elles veulent vraiment, qu'est-ce qui les repousse, comment faire pour les attirer et coucher avec, comment doit se comporter un vrai homme, comment un vrai homme doit intégrer les femmes dans sa vie.

Voilà en gros ce sur quoi se concentre la Red Pill.

La particularité de la Red Pill est de prendre le contre-pied de la vision romantique classique véhiculée par la société mainstream.

L'idée est d'enlever le conditionnement social, de révéler les vérités dures à entendre, de révéler les vérités qui dérangent.

Ce n'est pas juste des conseils relationnels, c'est vraiment tout un paradigme idéologique.

Et dans cet épisode on va continuer à analyser les différents bons et mauvais points de la Red Pill,

ce qu'on a commencé à faire dans les deux épisodes précédents.

On va d’abord commencer la vidéo par un bon point.


Bon point : l’amour exclusif et inconditionnel est une idée idiote

L'amour exclusif entre deux personnes qui tient de lui-même et qui est résilient à toute épreuve, c'est une idée profondément idiote et irréaliste.

Que la Red Pill démystifie cette notion est une bonne chose.

L'amour exclusif entre deux personnes existe essentiellement grâce à des contraintes.

Deux naufragés sur une île vont probablement développer une forme d'amour,

parce qu'ils n'auront pas d'autres personnes à qui s'attacher.

Il n'y aura pas d'autre tentations. Il n'y aura pas de compétition.

Ils sont irremplaçables l'un pour l'autre.

D'une certaine manière beaucoup de gens étaient un peu comme ça dans le passé,

un peu comme des naufragés, et c'est pour ça que le mythe de l'amour exclusif était plus fort avant.

Ça semblait pratiquement inabordable de rencontrer quelqu'un d'autre.

Et ça l’est toujours pour certaines personnes qui ont très peu d'options mais qui ont malgré tout réussi à trouver quelqu’un.

...

Mais si tu enlèves ces contraintes, tout de suite l'exclusivité de l'amour n'existe plus.

Et donc la Red Pill te fait arrêter de croire à cette idée idiote de l'amour exclusif qui tient de lui-même.

Elle te fait oublier ça.

Ce qui est une bonne chose.

Les personnes qui ont des options ne vont quasiment jamais avoir un amour exclusif.

...

Et c’est pareil pour les contraintes que les personnes maintiennent d’elles-mêmes.

C’est à dire que typiquement si une personne X tombe amoureux d’une personne Y,

mais qu’avec le temps cette personne Y change négativement,

eh bien c’est logique que l’amour que ressentait la persone X disparaît.

L'amour est conditionnel et non inconditionnel.

C'est aussi idiot de croire à l’amour exclusif que de croire à l’amour inconditionnel.

Et la Red Pill met bien ça en évidence, ce qui est un bon point.

La Red Pill met bien en évidence que l’ADN de ta partenaire est miné de programmes egoïques qui sont amorcés pour te laisser tomber si jamais tu changes négativement et que tu perds en valeur.

Ces programmes vont se déclencher adaptativement dans certaines circonstances, malgré tout ce qui a pu être construit en amont, malgré toutes les valeurs.

Tout peut être écrasé.

Tu as le droit à l’erreur, mais si tu enchaînes les erreurs sans te rattraper, tu es mal barré.

De la même manière peut-être que tu ne feras pas d’erreur, mais que tu ne seras pas à la hauteur de ce que la personne qui est avec toi peut avoir, et donc elle te quittera.

Et c’est logique.

Notre ADN serait complètement con de rester fidèle envers et contre tout alors que le bâteau est en train de couler.

Notre ADN est profondément opportuniste.

Il cherche à maximiser la valeur de son existence.

D'où le monkey-branching.

Toujours considérer nos options même quand on s’est engagé dans une option,

trouver le meilleur parti par rapport à notre potentiel et les possibilités que nous offre le monde.

D’un point de vue objectif, être fidèle à une personne alors qu’on peut avoir beaucoup mieux,

c'est comme être fidèle à un métier qui t’exploite et qui est bien en dessous de ton potentiel.

De la même manière que toi tu peux changer, les autres peuvent changer aussi.

Nos sentiments ne sont pas statiques.

Si tu n’es plus la même personne, c’est normal que les sentiments qu’avaient les gens envers toi changent eux aussi.

Au fond on aime jamais vraiment une personne mais les sentiments qu’elle nous procure.

Mais que le fait que l'amour soit conditionnel ne le rend pas moins vrai.

Quand j'étais petit j'aimais des films différents de ce que j’aime maintenant.

Je ne les aime plus vraiment, mais ça ne veut pas dire qu'avant je ne les aimais pas vraiment.

Tout est changement dans la vie.

Si moi je change ou si l'autre change, alors peut-être que je vais moins ou plus l’aimer.

C'est logique.


...

Mais en même temps, en défonçant cette idée de l'amour exclusif qui dure inconditionnellement dans le temps, la Red Pill jette le bébé avec l'eau du bain.

À savoir la valeur réelle des relations longues et durables.

Le fait que l'amour exclusif n'existe pas vraiment n'empêche pas du tout la possibilité des relations longues et durables.

Et surtout ça n'enlève pas leur valeur. Qui est grande.

Avoir des relations longues et durables dans sa vie, c'est vraiment un gros gros plus.

Et réciproquement, ne pas en avoir, c'est un gros manque, et ça enlève vraiment quelque chose de l'expérience de la vie.

Ça rend le monde inutilement austère.

...

Donc en gros l’amour exclusif non, mais le polyamour, oui.

Et quand tu y réfléchis c’est logique.

On a tous sûrement plein de films préférés par exemple, qu'on aime tous beaucoup.

Et quand on regarde un de ces films, ça ne veut pas dire qu'on aime plus les autres ou que notre amour pour ces films était inauthentique.

Et c’est pareil pour des parents et leurs enfants.

Dans la plupart des cas, tous les enfants sont beaucoup aimés.

Le fait qu'il y ait plusieurs enfants n’implique pas de choisir qui va recevoir l’amour des parents.

Et le fait qu’un des enfants reçoive isolément plus d’amour et d’attention à un certain moment, n’implique pas que les autres enfants ne sont plus aimés.

Oui ça implique que sur le moment l’amour actif pour un enfant se fait au détriment de l’amour actif pour les autres,

car techniquement on ne peut pas en même temps avoir un amour actif pour plusieurs choses, ça prend toute notre attention.

Mais c’est juste une limite technique.

Autrement dit le débat est-ce qu’on est fait pour aimer une seule personne ou plusieurs, il ne tient pas debout.

Notre esprit est manifestement fait pour le polyamour, même si à chaque période de notre vie on aura des variations d’intensités dans l’amour qu’on ressent pour telle ou telle chose, telle ou telle personne, pour des raisons à la fois cycliques et techniques.

Encore une fois je crois qu’il n’y a aucun domaine où à travers le temps, notre amour est exclusivement localisé sur une seule chose, à moins que l’on ait accès qu’à certaines choses.

Mais si on a accès à une abondance de choses, c’est irréaliste de croire que notre amour va rester parfaitement localisé.

Et puis cette idée est absurde, parce que si tu aimes vraiment à fond un élément d’un domaine, il y a de fortes probabilités que tu puisses en aimer d’autres qui partagent les mêmes caractéristiques.

Sinon le domaine n’aurait pas lieu d’être, parce qu'un domaine implique des similitudes.

Après je ne dis pas qu'on ne peut pas, par principe, s’engager dans une relation à long terme avec une seule personne.

Non bien sûr que c’est possible de rester focus par principe.

Ce que je dis c’est que ce focus est fondamentalement fragile, et que la meilleure façon de le faire tenir est d’éviter les tentations.

C'est exactement comme pour les distractions quand tu veux t’engager dans une voie.

T’engager sur des distractions, c'est l’équivalent de l’adultère.

Et tu peux être sûr que si tu ne tiens pas les tentations à l’écart, il y aura de l’adultère.

Ton petit esprit humain est incapable de résister à des distractions trop séduisantes qui sont devant ses yeux, à sa portée.

Donc encore une fois l’exclusivité dépend de la portée.

Si tu n’as rien à portée à part une seule chose, tu seras exclusif à cette chose.

Si tu as plusieurs choses à portée, tu ne seras probablement pas exclusif à une seule chose.

Et encore une fois ça n'empêche pas d'avoir une relation stable avec une personne.

Le problème c'est que la relation stable est idéalisée comme étant une relation où chaque jour est identique et ça ne s’arrête jamais.

Alors que non ce n’est pas fondamentalement ça une relation stable.

Dans une relation stable classique il y a des périodes où tu n’es pas en contact avec l’autre, vous faites votre vie de votre côté.

Ce qui fait que c’est une relation stable c’est que vous ré-entrez en contact au moins de temps en temps, et que ces contacts se passent bien.

Pour en revenir aux contraintes et de leurs effets sur nos comportements, l'un des problèmes de la Red Pill qui est lié à cette histoire,

c’est que la plupart de leurs théories sur la nature de la femme, elles sont basées sur l’échantillon de filles qui sont très désirables, et donc qui ont plein d’options et peu de contraintes.

Et ils généralisent les comportements de ces filles à toute la nature de la femme.

Comme si elles étaient le modèle prototypique des femmes en général.

Ce qui est stupide.

On ne peut pas dissocier les tendances comportementales des conditions de vie, des possibilités, etc.

Les deux forment une boucle de feedback.

Si tu mets un homme avec plein d’options et d’abondance, lui aussi aura tendance à en profiter, à rester détaché, etc.

L’attachement et l’accouplement émotionnels sont inversement proportionnels à l’abondance.

Plus tu es dans le manque, dans la pénurie, etc, plus tu vas t’attacher et t’accoupler facilement au premier truc de valeur possible.

Ces programmes psychologiques seront beaucoup plus sensibles.

Pour en revenir aux boucles de feedback,

l’absence de contraintes, l’abondance, tout ça, en gros ça te donne du pouvoir.

Et le pouvoir ça te change. Ça module ton comportement.

Quand tu te sens tout puissant, il y a plein de choses dont tu t’en fous, et à la moindre défaillance avec quelque chose, tu es poussé à aller voir ailleurs parce que tu peux le faire sans payer de coût supplémentaire.

C'est le syndrome de l’enfant pourri gâté.

Ça marche sur les filles et sur les garçons.

Ça ne fait pas partie de la nature de la femme, ça fait partie de la nature de l’Ego en général.


Contre-balancer la Blue Pill

Un bon point de la Red Pill, c’est que ça te sort de ton expérience Blue Pill pour te mettre dans un cadre théorique qui contraste.

Ça contre-balance.

En fait certaines personnes ce n’est même pas qu’elles sont Blue Pill, c’est qu'elles sont complètement à côté de la plaque, complètement irréalistes, complètement désancrées.

Elles manquent de bon sens.

Elles ont besoin de réajuster leur vision pour devenir beaucoup plus réalistes.

Et les connaissances de fond de la Red Pill sur les tenants et les aboutissants biologiques de l’attraction, l’hypergamie, tout ça, pour ces personnes là c’est essentiel.

Juste pour leur donner du bon sens vis-à-vis de ce à quoi s’attendre à ce niveau.

Franchement ce qu’il y a de bon à tirer dans la Red Pill, c’est du bon sens pour les personnes qui en manquent radicalement.

Si tu as déjà du bon sens, la Red Pill a très peu d'intérêt.

Tout ce qu’elle va t’apporter c'est le négatif superflu autour de ces leçons de bon sens.

Parce que les leçons seront pour toi logiques et normales.

Être choqué de l’hypergamie par exemple, à savoir la tendance des individus à toujours chercher de meilleurs partenaires, c’est manquer de bon sens.

Dans tous les domaines on cherche constamment à améliorer notre situation, à avoir les nouveaux produits à la pointe de la technologie, etc.

Ça fait partie de la vie.

Se contenter de ce qu’on a, alors qu’on peut avoir mieux, c’est profondément anti-naturel (car la vie et la biologie sont anti-entropiques, cf épisode 214).

La vie cherche toujours non pas à se maintenir bêtement dans sa situation actuelle, mais à “fleurir” et avoir la meilleure situation possible, afin de se maintenir en cas de chocs et d'avoir les meilleures chances possibles de parer à l’avenir.

Cette orientation vers le futur par la recherche constante de l’amélioration, ça permet la résilience.

La vie ne peut pas être résiliente si elle se contente de se maintenir à l'équilibre.

Par exemple, en sport, quand les chefs d’équipes doivent choisir tour à tour les membres de leur équipe, ils choisissent en premier les plus forts parmi ceux qui restent à prendre, et prennent en dernier les plus faibles quand il n'y a plus le choix.

Ce schéma est universel.

Les femmes et les hommes sont donc hypergames par nature, l’hypergamie étant juste une expression de cette stratégie “anti-entropique” générale qui est fondamentale à la vie.

Si on pouvait tous exprimer notre hypergamie sans contraintes, on le ferait.

C'est juste qu’on ne peut pas.

On prend le meilleur “deal” qui est actuellement à notre disposition.

Comme argumenté dans la section précédente, le seul truc qui contient cette tendance ce sont les contraintes auxquelles on est confronté.

Les femmes physiquement très désirables ont beaucoup moins de contraintes que les hommes, et donc paraissent plus hypergames.

Mais ne vous méprenez pas, si les hommes avaient la même liberté et la même abondance, il n'y aurait aucune différence, on ne se retiendrait pas non plus, ce n'est pas du tout une question de nature de la femme.

Et au passage, l’ironie c’est qu'en pratique ce qui permet l’hypergamie des femmes désirables, c’est la recherche d’hypergamie des hommes.

Ce sont les hommes qui donnent l'abondance aux femmes désirables.

De la même manière tu n’as pas besoin de la Red Pill pour réaliser que les filles font des “shit tests” pour te jauger.

Un shit-test étant en gros une sorte de défi social prémédité pour jauger ta réaction à des situations où il y a de la tension et/ou de la difficulté.

Par exemple, ça peut tout simplement être une remarque faite pour te déstabiliser.

Au bout d'un moment ça devient évident que c'est une stratégie d’exploration de ton caractère, pour vérifier de plus près le début d’intérêt qu’une fille a cru voir en toi au premier abord.

Beaucoup de pro-Red Pill font genre que les filles et la société Blue Pill cachent un peu tout ça, comme s'il y avait une sorte de conspiration, mais c'est bidon.

Les filles le montrent très bien aux mecs qui leur plaisent.

Si elles ne le montrent pas aux mecs pour lesquels elles n’ont pas d'intérêt, ce n’est pas une question de chercher à cacher ça, c'est juste logique.

Pourquoi elles feraient ça avec tout le monde si c'est une stratégie pour explorer et vérifier de plus près un début d’intérêt préexistant ?

Au fond il n’y a pas grand chose de caché, tout se fait au grand jour.

Tu as juste besoin de te fier aux données.

Dès le collège les signes et les patterns d’attraction des filles sont assez évidents.

Si tu ne te fies pas aux données, ton probème ce n’est pas le conditionnement, c’est que tu es con.

...

De la même manière tu n’as pas besoin de la Red Pill pour réaliser que les filles ont tendance à être beaucoup plus attirées et excitées par la masculinité que ce qu'elles prétendent.

Tu as juste à coucher avec des filles, faire monter la tension sexuelle et tu verras de toi même qu'une fois déshinibées elles vont souvent brûler d'envie de dominance, se mettre à devenir étonnamment plus cochonnes et soumises, et à te demander explicitement de les prendre bien comme il faut.

Ce n'est pas si caché que ça.

Et donc même si tu n'as jamais entendu parler de la Red Pill, quand ça va se répéter, passée la surprise, tu vas piger tout seul cette dualité féminine.

Tu vas piger tout seul que cette histoire de princesse innocente, ce n’est pas que c’est une mascarade, mais que ce n'est que la moitié de l'histoire.

Et si tu n'es pas trop con, tu ne vas pas réduire la fille à ce qui ressort d'elle quand elle est au lit.

Et tu ne vas certainement pas la juger en tant que personne pour ce qui ressort dans le contexte sexuel.

L’un des meilleurs moyens de réussir avec les filles et d’avoir du super sexe avec elles,

c'est de considérer le sexe comme une bulle séparée du reste.

Comme un “safespace”.

Une poche de réalité virtuelle.

Un peu comme un espace de thérapie où tu peux tout déballer sans risques et sans conséquences.

Pour faire du catharsis.

Comme ce qu’on peut faire quand on joue à des jeux-vidéo.

On fait des trucs qu'on ne ferait jamais dans la vie réelle, et même si on y prend du plaisir, ça ne réflète pas vraiment notre personne, c'est juste un espace virtuel cloisonné de la réalité.

Dès qu'on coupe le jeu on revient à la réalité normale sans aucune confusion entre les deux.

Autrement dit il ne faut pas essayer de faire des liens entre le contexte du sexe et les contextes hors du sexe.

Et en fait c'est ce  que notre esprit a tendance à faire par défaut après l’orgasme.

Il nous pousse à oublier tout ça pour pas passer à autre chose et ne pas rester bloqué là dessus.

Il essaie de cloisonner les différentes parties de nous, et de passer d'un mode à un autre.

Parce que ces parties de nous sont différentes et ne peuvent pas opérer simultanément.

Elles n’ont que très peu de relations en commun.

Ce qui fait qu'on est des êtres phasiques.

Et une grosse limite de la Red Pill c’est qu’elle ne met pas suffisamment ça en avant, au contraire, elle a tendance à réduire les femmes à leur persona sexuelle et inciter au jugment.

Elle reconnaît la part de “putain” qui existe dans chaque fille mais elle ne reconnaît pas la part de “madonne”.

Et surtout elle donne un rôle beaucoup trop disproportionné à la part de “putain”.

Comme si parce que les filles sont comme ça de manière phasique, alors elles sont toujours comme ça et/ou ça en dit long sur elles.

Ce qui est ridicule.

Tout être humain est grosso-modo une personnalité multiple.

On est tous plusieurs dans notre tête, et bien souvent il y a des parties de nous qui sont tout et son contraire.

Et c'est logique d'un point de vue évolutionnaire.

On a besoin de plusieurs outils, on doit être une espèce de couteau suisse.

Et donc tu ne peux pas intégrer toutes ces parties dans une perspective simpliste.

Tu as besoin d'avoir une vision multi-perspectives.

Par exemple, il y a plein de femmes profondément féministes, ayant un fort caractère même, qui aiment être dominées et soumises par les (bons) hommes au lit.

Si tu es un simplet d'esprit tu peux t’imaginer que c'est une contradiction de leur part et que ça veut dire que leur féminisme est bidon et qu'elles sont dans une sorte de déni.

Mais croire ça c’est aussi stupide que de penser que parce qu'on ne veut pas de bébé, mais qu'on s’envoie en l'air quand même, alors c’est qu’on est en contradiction et quand on est dans une sorte de déni.

Parce que pour toi s'envoyer en l’air c'est fondamentalement lié à la reproduction,

donc quand une personne  s'envoie en l'air ça démontre qu’au fond elle cherche à avoir un bébé.

Tu n’arrives pas à dissocier les deux.

Et donc tu entres dans des raisonnements psychoanalytiques à deux balles.

Un moment donné il faut apprendre à apprécier les paradoxes ; nos esprits sont juste tellement complexes, et les clusters de cette complexité tellement cloisonnés, que des paradoxes peuvent parfaitement cohabiter sans contradiction et sans déni.

Nous mêmes les hommes ils nous arrivent d'entrer dans des modes où on est complètement obsédé et possédé par le sexe, dans un état primaire.

Dans ces passages on est plongé dans le cluster sexuel de notre complexité.

Mais même si ces passages sont relativement réguliers et assez universaux, ils sont temporaires et ne reflètent pas du tout notre condition la plupart du temps.

C'est plus des ponctuations qu’autre chose.

Nous résumer à ça c’est être à côté de la plaque.

La plupart du temps on n’est pas du tout en train de dénier cette partie de nous, est on est juste authentiquement passé à autre chose.

Pour les filles c'est pareil, elles passent d'un contexte à un autre, sans qu'il n’y ait de lien entre les deux.

Et c'est un reproche que je trouve à la Red Pill.

Elle fait passer la ponctuation pour le noyau, pour le mode par défaut, qui est toujours là dans le fond et qu'elles couvrent comme elles peuvent.

Alors que c’est tout sauf le mode par défaut pour les filles, c'est un mode profondément conditionnel.

Un mode qui se déclenche relativement au catharsis qui a besoin d’être libéré,

et/ou relativement au sentiment de soumission ressenti par rapport à un homme.

La plupart des femmes vont ressentir ce sentiment de soumission de manière spécifique.

C’est le contraste et la polarisation de l'énergie de l'homme qui vont réveiller ce désir en elle.

Donc c'est limite un mécanisme de sélection.

Et encore une fois j'insiste, la plupart des filles détestent les mecs qui n'ont pas l’intelligence de comprendre ça.


...

Bref, donc la Red Pill est bien pour contre-balancer le trop de naïveté Blue Pill, quand tu es vraiment à côté de la plaque.

D'où la métaphore issue de Matrix.

Ne plus être naïf à propos de la nature de la réalité.

Déconstruire les croyances.

Voir au delà de ce qui est montré, ne pas être dupe.

Voir et comprendre la programmation derrière les comportements et derrière le déroulement du réel.

Ne pas vivre dans Disneyland

Voir les choses telles qu'elles sont en réalité, et non comme on les a appris ou comme on aimerait qu'elles soient.

Cela dit même quand tu n'es pas forcément naïf et que implicitement tu as du bon sens,

le contre-balancement explicite de la Red Pill peut aussi faire du bien, histoire de clarifier et solidifier les repères de ton GPS mental.

En effet, même si tu ne t’es pas fait d’idées fantaisistes à propos de la vie, quand tu as baigné toute ta vie dans le cadre Blue Pill, tu as besoin de beaucoup de contraste pour réaliser assez clairement ton conditionnement et les choses auxquelles tu étais aveugle.

Notamment le côté assez cru et sans pitié de la vie, que tu as pu soupçonner sans jamais prendre le temps de le considérer comme il se doit.

Et aussi le fait que le chemin pré-tracé par la société est un chemin par défaut qui est loin d’être le meilleur chemin pour toi.

Et pour ça, la Red Pill est bien foutue.

Elle te fait prendre le temps de contempler ces aspects de la vie, afin que tu puisses les intégrer dans une juste mesure.

Ça peut d’ailleurs donner un côté renouveau à la vie, un côté révolution, qui te donne de l’énergie.

Donc ça a des effets bénéfiques quand tu vas temporairement à fond dans la Red Pill, pendant une phase de ta vie où ça peut te faire du bien car tu manquais de ça.

...

Le problème, c’est que c’est aussi un mauvais point, car ça devient souvent poussé à l'extrême, et ce n’est plus une phase temporaire de ta vie, mais une idéologie permanente.

Avant tu n’avais jamais pris le temps de contempler ces aspects de la vie et de les intégrer dans la juste mesure, mais maintenant tu ne fais que ça.

Autrement dit ce n'est plus du contre-balancement, c’est du déséquilibre inverse.

Tu deviens enfermé dans le cadre théorique de la Red Pill, incapable de prendre l'expérience sans forcer les lunettes Red Pill sur cette expérience.

Tu passes d'un stade où tu ne vois rien de la Red Pill, à un stade où tu ne vois que ça, et tu ne vois plus rien d'autre.

Beaucoup de pro-Red Pill ont une vision réductionniste.

Ils pensent que la Red Pill est tout ce qu’il y a de vrai dans la vie, et que tout le reste est une illusion.

Encore une fois, le délire pseudo-psychanalytique.

Grâce à la Red Pill ils arrivent à créer de l’attraction chez certaines filles,

mais ils sont incapables d’approfondir leurs relations avec elles.

Et ils pensent qu’il n’y a rien à approfondir en fait.

Parce que cet approfondissement, la Red Pill n’en parle jamais.

La Red Pill ne parle que des biais superficiels de l’attraction en gros, ainsi que des dangers latents de la nature de la femme (“une femme est toujours célibataire dans sa tête”).

Tout le versant relationnel est mal vu par la Red Pill, c’est du Blue Pill.

Pourtant ça existe tout autant que ce sur quoi la Red Pill s’attarde.

...

Du coup la Red Pill devient une prophétie auto-réalisatrice.

Elle crée un aveuglement aux alternatives possibles.

Dans le monde d'un misogyne, les femmes ont vraiment tendance à être toutes les mêmes,

parce qu'elles réagissent à son attitude de la même manière.

C’est la loi du transfert d'état.


Mauvais point : ça te rend misogyne

D’ailleurs un mauvais point de la Red Pill c’est que c’est difficile de bouffer de la Red Pill et de ne pas développer un fond misogyne.

Quand tu es trop Blue Pill, c’est bien de réaliser que les femmes ne sont ni des reines ni des princesses, de réaliser qu’elles ont des défauts que tu ne vois pas.

La Red Pill fait monter à la surface les défauts “cachés” des femmes ;

et quand tu es Blue Pill, ça va te faire relativiser.

Le problème c’est que la Red Pill fait beaucoup trop monter à la surface les défauts des femmes.

Ça devient dérangé, malsain et pathologique.

D'une certaine manière c’est comme d’être obsédé par la révélation que les filles pètent et vont aux toilettes démouler des cakes.

Le fait que ce soit vrai que les filles pètent et vont aux toilettes démouler des cakes,

ça n’implique pas que quand tu es obsédé par ces images, tu vois les filles objectivement.

Et ça implique encore moins que de toujours garder ça en tête quand tu interragis avec une fille, c’est avoir une vision équilibrée.

Pourtant la Red Pill incite à l’équivalent sur le plan psychologique.

Elle invite à toujours garder en tête les “défauts” psychologiques des femmes, même quand ils ne sont pas du tout à la surface.

Autrement dit, beaucoup de pro-Red Pill n’en reviennent toujours pas de ces “défauts” des femmes, ils n’ont toujours pas digéré, c’est resté coincé dans leur gorge, et donc ils y pensent toujours.

Un peu comme de penser que dès qu’une fille sort sans toi elle va te tromper.

Pas très Alpha tout ça.

Un autre problème toxique c’est la dépersonnalisation des filles.

Et c’est lié à ce que je vous disais dans la partie 1, sur la trop forte destruction du romantisme et le blocage d'engagement émotionnel.

Joseph Staline disait “La mort d'un homme est une tragédie. La mort d'un million d'hommes est une statistique.”

Et le truc c’est que la Red Pill incite à ne plus voir chaque fille que l’on rencontre comme une personne, avec une histoire, des sentiments, etc,

mais à la voir comme une catégorie générique.

C'est résumé par le dicton “AWALT” : “Toutes les femmes sont comme ça”.

Tu n’arrives plus à voir la personne, tout ce que tu vois c’est une projection de la nature négative de la femme telle qu’elle est dépeinte par la Red Pill.

Ça devient trop paradoxal pour ton esprit d’être “Red Pill aware” et en même temps d’arriver à interragir avec une fille comme une vraie personne.

C’est un problème assez courant dans le domaine de l’éveil spirituel, où la nouvelle perspective sur la réalité (par exemple la réalisation que personne en tant qu’Ego n’existe vraiment) empêche l’esprit de reprendre la perspective passée et perturbe fortement la vie normale, et notamment les interactions avec les autres (qui sont alors considérés comme non-réels, n’existant pas vraiment).

En l'occurrence avec la Red Pill, tu deviens un robot Red Pill, incapable de te connecter avec une fille en tant que vraie personne.

Et ça en fait c’est hyper malsain. Ça pousse à devenir un egomaniaque, à la limite psychopathe.

Parce que ouais, c’est beaucoup plus facile de justifier le mal que tu peux faire à une fille si tu la considères avec la vision générique et négative offerte par la Red Pill.

D’une certaine manière, ça te fait penser qu'elle le mérite.

Qu’elles le méritent toutes.

Je vais taper dans le point Godwin, mais ce n’est pas si différent des nazis qui déshumanisaient et diabolisaient les juifs pour justifier le mal qu’ils leur faisaient.

Pareil pour l’esclavage et le maltraitement des noirs qui allaient de pair avec leur déshumanisation.

Ça rendait leur maltraitement limite logique. Au moins normal.

Ça pouvait même être vu comme une service d’intérêt général.

C'est une stratégie d’egomaniaque parce que ça rend les choses bien plus faciles pour l’ego.

Avec ce genre de vision il n’y a aucune scrupule à avoir, aucun remord.

Au contraire tu peux même en tirer de la fierté, le sentiment d’avoir fait la bonne chose.

Pour réussir avec les femmes, c’est mieux de les aimer

Bref, bouffer de la Red Pill peut te faire développer un fond misogyne et du dégoût pour les femmes.

De la rancoeur même.

Le problème c’est que pour réussir avec les femmes, c’est mieux de les aimer.

Pourquoi ?

Eh bien déjà parce que même si tu as des résultats en étant misogyne, ces résultats ont un goût amer.

Tu n’as pas vraiment envie d’aller en profondeur avec une femme, parce qu’au fond tu méprises les femmes. 

Autrement dit tu vas réussir sans réussir à l’intérieur.

Ça ne va pas t’épanouir.

Et deuxièment parce que c’est plus difficile d’avoir des résultats quand au fond de toi tu as des ressentiments et du mépris envers les femmes.

Ça va probablement se refléter dans ta subcommunication, les filles vont le ressentir et ça va créer une barrière invisible.

Elles vont ressentir que dans ton for intérieur, tu les juges et tu es moralisateur.

Donc ce n’est vraiment pas l'idéal à la fois en terme d’expériences intérieures, mais aussi en termes d'expériences extérieures.

Sur ce, on continue la liste des bons et mauvais points de la Red Pill dans le prochain épisode !


Maîtrisez votre esprit, développez votre conscience, élevez votre existence !

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