Le 21/07/2018

"A-t-on vraiment un libre-arbitre ?" - Repenser sa liberté pour mieux la réaliser #017



A-t-on vraiment un libre arbitre ? Cet épisode sur l'auto-détermination invite à repenser notre liberté pour mieux la réaliser.

Bonjour et bienvenue c'est Bertrand de la Fondation MAGister, l'école des Héros du monde réel.

Pour une vidéo sur le thème de l'action, de la conscience et du libre-arbitre.

Qui a pour ambition d'éclairer et de rendre justice au concept du libre-arbitre justement,

qui a tendance à être trop injustement simplifié dans les discussions théoriques modernes sur le contrôle et la liberté individuels.


Encore une fois, dans l'épisode n°2 que j'ai posté sur cette chaîne,

Je vous disais que la réalité dans laquelle on vit dépend des croyances qu'on a du monde et de soi-même.

Je vous disais que l'action est complètement reliée à la pensée.

Que nos croyances sont comme des véhicules que nous utilisons pour orienter et déplacer notre vie et nous frayer un chemin dans le monde.

Je vous disais que ces croyances sont structurantes et forment le paradigme de notre existence.

C'est à dire les modèles, les vérités, les règles avec lesquelles on joue au jeu de la vie.

Et que donc pour moi ces paradigmes existentiels qu'on utilise pour vivre, c'est la base de tout,

et même s'ils sont fortement contraints par la nature et la culture, ils restent très malléables.

Au bout du compte, le monde et la vie sont ce qu'on pense qu'ils sont.

Mais ce qu'on pense qu'ils sont... est bien souvent ce qu'on en fait.

...

Et donc au bout du compte,

s'il n'y a pas plus de changement dans le monde, c'est tout simplement parce que l'on répète toujours les mêmes schémas d'actions,

encore et encore,

et si l'on répète toujours les mêmes actions c'est parce que nos paradigmes de croyances n'évoluent pas tellement et n'incitent pas à évoluer.

...

...

Les croyances qui sont bien ancrées sont structurantes pour l'existence.

Certes à chaque instant, nos possibilités d'actions sont en théorie infinies,

mais dans la pratique nos actions futures sont fortement conditionnées par nos croyances présentes, qui ont été elles mêmes conditionnées par nos actions passées.

Et bien souvent pour le pire,

cette dynamique bride notre potentiel réel et nous fait suivre des rails invisibles.

Les jours s'enchaînent, et à un ou deux détails près, se ressemblent beaucoup les uns les autres.


...


Ce qui est marrant dans tout ça, c'est qu'on a instinctivement tendance à prendre pour acquis notre liberté d'action individuelle.

Alors que paradoxalement, plus on y réfléchit, plus le cours de notre existence et de notre réalité semblent structurées de fond en comble,

intriquées l'une dans l'autre,

déterminées par des règles invisibles.


A-t-on réellement la liberté de façonner notre futur selon notre volonté ?

...


Certaines personnes qui ont beaucoup raisonné sur tout ça, vont vous dire catérogiquement que non.

Pour eux, notre précieux libre arbitre est une illusion,

on n'a en fait pas vraiment de liberté de contrôle sur nous mêmes,

et c'est pour ça qu'on ne peut pas vraiment se changer par la pensée intérieure.

...

Et vous savez quoi, je suis d'accord avec eux.

On n'a pas de libre arbitre.

...

Parce qu'en tant qu'être humain,

le libre arbitre ce n'est pas quelque chose qu'on a ou qu'a pas,

c'est quelque chose que l'on réalise.


Nous avons le pouvoir de façonner notre vie, nous avons le pouvoir de façonner la réalité, mais seulement à travers l'expression de notre réalisation.


L'illusion c'est de croire qu'on peut faire sans.

...


Être libre c'est une façon d'exister et d'agir vers sa réalisation,

ce n'est pas quelque chose qu'on peut avoir à l'intérieur sans rien faire.

La liberté elle n'est jamais acquise, elle s'acquiert en permanence.

Ce n'est pas quelque chose que l'on peut avoir, c'est quelque chose que l'on peut exprimer.


...

Et en ce sens, on ne peut donc pas binariser la question du libre-arbitre comme étant quelque chose qu'on a ou qu'on n'a pas.

C'est complètement absurde cette conception.


...

En fait, la raison pour laquelle la science déterministe et beaucoup de philosophes n'arrivent pas à bien comprendre le contrôle et le libre-arbitre humain c'est parce qu'ils présupposent qu'on est des agents agissant dans un monde régi par des lois et des règles déterministes.

C'est à dire qu'ils partent du principe que tout ce qui est adjacent et sous-jacent à nous dans ce monde,

c'est à dire les processus biologiques, chimiques, physiques, etc suivent des lois et des contraintes structurantes et déterministes ;

contraintes structurantes et déterministes qui expliquent comment ce monde, telle une grande horloge, fonctionne de manière stable d'un instant à l'autre.

Et donc à partir de là ils se disent que notre supposée liberté de contrôle est en contradiction avec ces règles et ces lois qui gouvernent le monde,

et que par conséquent c'est impossible que l'on puisse réellement avoir la liberté de contrôle qu'on pense qu'on a,

parce qu'elle impliquerait la possibilité de changer, voire d'outrepasser, les lois et les contraintes structurantes du monde d'un instant à l'autre, comme par magie.

...

Par quel miracle pourrait-on nous être des agents à la fois libres et stables alors que nous agissons dans un monde qui est autrement complètement structuré par des contraintes et complètement déterministe ?

...

Mais ce que ces raisonnements ne comprennent pas bien c'est qu'on n'est pas des agents libres superposés dans un monde déterministe.

Non.

On est le monde.

C'est juste que le monde a notre forme.


On est une partie intégrante d'un monde déterministe super-évolué, qui se multi-détermine à travers une forme incarnée, consciente, dissociative, théâtrale et multi-faces qu'on appelle la vie.

Chacun d'entre nous étant l'une des multiples facettes de cette forme très complexe qui se construit et se reconstruit continuellement en interagissant avec elle-même.

...

En fait, si le monde était un arbre, on serait comme des branches qui sont tellement sophistiquées qu'elles se développent, agissent et se perçoivent comme des entités individuelles, séparées du reste.

Des branches qui s'éveillent et construisent leur propre liberté.

...

...

Encore une fois, le truc un peu dur à piger donc, étant qu'on est nul autre qu'une partie de la forme moderne du monde.

On n'est pas des agents libres superposés dans un monde déterministe.


On est une extension animée du monde, on est le théâtre de la vie s'énactant de lui-même, ayant tout le contrôle qu'il pense qu'il a, ayant tout le contrôle qu'il s'accorde.

Alors oui bien sûr que notre contrôle est déterminé par les règles du monde puisque nous sommes le monde qui s'auto-détermine d'instant en instant.

...

À mesure que l'on avance et que notre conscience s'éveille à la vie, notre esprit, par la pensée, construit et raffine les modèles et les règles qui vont déterminer les possibilités de notre existence.

Notre libre-arbitre est en ce sens le reflet de cet éveil de notre conscience sur nos propres possibilités.

Un éveil progressif et perpétuel qui s'étend sur toute la vie.

...

Autrement dit oui notre comportement n'est pas complètement libre de contraintes,

et est effectivement régi par des règles,

mais ce sont les règles que l'on écrit et réécrit pour nous-mêmes à mesure qu'on en réalise plus sur la vie.

Notre liberté d'action ne nous pré-existe donc pas, mais émerge et ré-émerge aux mêmes moments que l'on réalise qu'on l'a et que l'on s'apprête à l'utiliser.

Ce n'est pas un pouvoir statique qui est complètement acquis et actif en permanence depuis la naissance,

c'est un pouvoir aussi vivant que la vie qui nous habite,

un pouvoir que les fragments de vie que nous sommes réalisent telle une création artistique.

...

Ce qui serait magique et incompatible avec la vision scientifique c'est que notre liberté ne soit soumise à aucune contrainte.

Mais du coup c'est loin d'être le cas.

D'un côté on est tous libres oui, mais d'un autre côté aucun d'entre-nous n'est libre de lui-même et de sa façon de choisir.

Il n'y a donc rien de magique avec notre liberté puisqu'on ne peut l'utiliser que quand on réalise qu'on l'a, et que telle qu'on l'a progressivement réalisé jusque là.


...

Tous ces instants de la vie dans lesquels on ne réalise pas qu'on est libre, on ne peut pas être libre dans ces instants là.

Et toutes ces périodes de la vie dans lesquelles on ne réalise pas encore l'extension de notre liberté, pareil, notre liberté ne peut être que limitée dans ces périodes là.

La vie n'est pas (z)un phénomène externe qui tourne et suit son cours de la même manière avec ou sans notre conscience, nous sommes la Vie, et les règles qu'elle suit sont les nôtres !

...

C'est ça que je trouve vraiment marrant et fascinant avec l'idée de déterminisme.

Le jour où j'ai vraiment intégré l'idée que le monde dont je fais partie était gouverné par des lois et des règles et ne pouvait que suivre un cours déterministe.

Autrement dit le jour où j'ai vraiment intégré l'idée que le cours des événements, et en particulier le cours des actions humaines était déterminé et contraint par la chaîne des événements antérieurs et donc ne pouvait théoriquement se dérouler que d'une seule façon.

Ça n'a pas du tout affecté mon sentiment individuel de liberté.

Au contraire, ça n'a fait que le renforcer, à travers la réalisation de l'importance de ma petite activité consciente dans le grand ordre des choses.

Alors oui, ça m'a fait réaliser que mon contrôle et ma liberté étaient soumise à des contraintes...

Mais, ça m'a aussi fait réaliser que d'instant en instant, ma conscience levait une à une ces contraintes.

Ça m'a fait réaliser qu'étant donné les contraintes de notre monde,

c'était ça en fait la liberté,

la réécriture consciente et progressive des contraintes qui structurent notre existence.

...

Ça m'a fait réaliser qu'en fait,

malgré l'apparente diversité des instants de la vie et la souplesse de leur enchaînement,

aucun instant n'est indépendant des autres.

Ils sont tous connectés et forment une continuité globale.

De la même manière, ça m'a fait réaliser qu'aucune de mes pensées ni aucune de mes actions ne sort de nul part, et qu'elles sont en fait toutes plus ou moins subtilement amenées par le contexte de ma réalisation passée.


Bref, ça m'a fait réaliser que chaque instant de ma vie, aussi unique et indépendant semble-t-il,

s'inscrit dans un grand processus de réalisation individuelle, et que je ne peux pas être plus libre que mon stade de réalisation actuel ne me le permet.

Ça m'a fait réaliser qu'à chaque instant présent, je ne peux pas avoir la liberté de contrôler ce que je n'ai pas encore réalisé que je pouvais contrôler,

et intégré ce contrôle dans mes règles et mes modèles mentaux.

Ça m'a fait réaliser que dans mon cerveau, il n'y a aucune "zone du contrôle libre" toute faite et prête à l'empoi, sur laquelle je peux me reposer,

et que je peux utiliser quand bon me semble pour contrôler n'importe quoi.

Ça m'a fait réaliser qu'à l'inverse, ma capacité de contrôle n'existe pas déjà,

elle est sculptée en temps réel, à mesure que j'avance dans la vie.

...


Ça m'a fait réaliser que ma liberté ne me pré-existe pas,

et qu'il y a certaines choses que je ne suis pas encore libre de contrôler,

tout simplement parce que cette version là de moi-même n'existe pas encore,

je ne lui ai pas encore donné naissance.

...

Autrement dit ça m'a fait réaliser que ma vie est une création artistique, et que ce que je crée, c'est moi.

...

...

...

Par extension ça m'a fait réaliser qu'en dépit de l'apparente nature chaotique de la vie humaine dans son ensemble, il n'en était rien.

Chaque individu agissant en fait précisément selon son niveau de réalisation actuel.

On bouge tous beaucoup en une journée, oui, mais d'un jour à l'autre, on bouge grossièrement de la même manière.

Les mouvements de notre manière de bouger sont quant à eux très lents et progressifs, il faut compter des années pour en percevoir une évolution notable et durable.

Car ces mouvements de notre manière de bouger et d'exister dans ce monde, dépendent des mouvements des règles et des modèles mentaux qui les conditionnent ;

et que ces mouvements de réécriture des règles et des modèles mentaux, ne peuvent pas aller plus vite que notre processus de réalisation consciente.

....

Autrement dit un changement réel dans notre façon d'exister ne peut pas survenir par magie, car il requière un changement durable dans la structure de notre conscience.

Structure de notre conscience qui ainsi pourrait-on dire, définit la partition de musique que notre vie est en train de jouer.

...

Et c'est ce qui fait que la vie humaine est à la fois rapide et lente en même temps.

Alors qu'à petite échelle, elle semble fourmiller de mouvements,

à grande échelle, elle semble pratiquement bloquée dans une sorte d'apesenteur,

à jouer et répéter une symphonie dont la partition ne se recompose que très lentement et progressivement à mesure qu'elle est jouée.


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Et par conséquent tout ça m'a fait réaliser que chaque instant de ma vie s'inscrit aussi dans un processus encore bien plus vaste que celui de ma propre réalisation.

Un processus de réalisation de la conscience globale du monde.

...

En effet ça m'a fait réaliser qu'à grande échelle, il se passe sur Terre un processus gigantesque d'éveil de la conscience de la nature, qui a démarré depuis très très longtemps.

Et qu'actuellement, sans que la plupart d'entre-nous ne le réalise, ce processus suit sa marche à travers l'éveil de nos petites consciences individuelles.

...

Cette conscience qui est la nôtre,

qui petit à petit réalise des choses,

qui se déplace d'un contenu à l'autre,

qui interagit avec d'autres consciences sembables,

qui un à un, change les paramètres de sa structure mentale.

C'est l'une des formes moderne de la volonté du monde,

qui aujourd'hui poursuit son interminable réalisation à travers de multiples incarnations humaines.

On est comme les filaments d'un réseau en pleine expansion,

On est comme les vagues d'un océan,

notre existence s'inscrit dans un phénomène follement large,

à en donner le vertige.

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Tout ça m'a donc aussi fait réaliser que les séparations qu'on appose sur la vie sont en fait assez illusoires.

Par exemple, ce qui se passe avant et après qu'on sorte du ventre de notre mère, est en fait dans une continuité directe de réalisation.

Dans les deux phases, il y a en action une forme d'intelligence créatrice qui s'écrit et se réalise elle-même.

Il y a différents relais dans la forme, mais on est perpétuellement en train de naître et de donner naissance.

On est la réalité qui, par une grande variété de moyens, de procédés et d'incarnations, se réalise.

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Bref,

Pour en revenir à la liberté.

Réaliser d'une part que le monde est un système déterministe dont l'évolution est régie par des règles,

et d'autre part que je suis en train de réaliser cela précisément dans ce même monde.

Me fait réaliser que je suis moi-même, à mon niveau, un petit régisseur de l'évolution de ce monde, fragment de son déterminisme global.

De temps en temps, au sein de cette structure massive,

le filament de vie que je suis a le sentiment d'exister, d'évaluer ses choix et de décider de ses actions.

...

De la même manière,

d'instant en instant,

chaque être humain avec qui je partage ce monde fait lui aussi de son mieux pour s'interfacer dans ce monde et déterminer sa liberté locale en son sein.

...

Cette personne-ci est en train de se dire qu'elle aime cette personne là, que c'est la femme de sa vie.

Une autre personne est en train de se dire qu'elle va changer de carrière pour devenir une grande artiste.

Une autre encore réalise qu'elle a répété plusieurs fois la même erreur dans sa vie à cause d'une faille de sa psychologie, et se dit qu'elle va maintenant y remédier une bonne fois pour toute.

Et par la même, ces personnes façonnent et refaçonnent le déroulement de leur destinée, et indirectement la destinée du monde dont elles font partie intégrante.

Autrement dit chaque être humain avec qui je partage ce monde vit lui aussi selon les règles qu'il s'écrit à mesure qu'il réalise des choses.

Et à partir des règles de chacun, le théâtre de la Vie s'articule et tourne comme une horloge ayant de l'intérieur défini sa propre liberté,

épiphénomène des libertés locales que chacun de ses rouages a défini en différents points de son espace.

...

Et donc si ce monde dont nous faisons partie est un système déterministe gouverné par une logique implacable dénuée de hasard, alors cela veut dire que sa logique est en partie la nôtre.

Et que la seule explication possible à notre liberté,

c'est que notre conscience fait partie de sa gouvernance globale.

Ce qui veut dire que nous ne sommes vraiment libres que lorsque nous avons conscience de l'être.

Lorsque nous perdons conscience que nous existons et que nous sommes libres, nous perdons les pouvoirs associés au sein du monde.

Notre liberté individuelle est comme une sorte de pouvoir intermittent qui apparaît et disparaît de l'existence au gré de l'activité de notre conscience.

Et le fait de bien réaliser ce point là, a pour moi changé à tout jamais la fréquence de cette intermittence.

C'est à partir de là que j'ai réalisé que je pouvais plus ou moins maintenir présente et éveillée cette conscience d'exister et d'être libre.

...

Certes, l'enchaînement des événements de ma vie dans ce monde suit son cours inéluctable,

mais pour autant il ne se fait pas mécaniquement et brutalement.

Cet enchaînement, je n'ai jamais l'impression que le monde me le fait subir sans prévenir,

je le vois arriver,

parce qu'il passe d'abord par mon élaboration consciente.

Maillon par maillon, c'est ma conscience qui est le mécanisme essentiel, directeur et déterminant de l'enchaînement des événements de ma vie.

Alors oui, parfois il y a des choix vers lesquels je me vois en train de me diriger, et pour lesquels j'ai des réticences.

Mais voilà, reste que ces choix même si je les effectue et que je les regrette, je les ai vu venir et je les ai laissé arriver.

Le directeur conscience était présent, il a juste mal fait son boulot parce qu'il n'était pas assez discipliné, trop fatigué, trop laxiste, ou que sais-je.

On est donc loin d'une détermination automatique et imposée,

qui se poursuivrait de la même manière avec ou sans notre consentement et peu importe la qualité de notre activité consciente.

C'est plutôt l'inverse en fait, tant qu'on n'a pas réalisé et décidé consciemment qu'il faut changer,

il n'y a rien qui va changer tout seul dans notre vie.

Notre comportement sera grossièrement le même.

La direction de notre vie répond au doigt et à l'oeil aux intentions que l'on développe,

c'est juste qu'on met beaucoup de temps à changer d'intentions.

Et c'est en ce sens que l'on peut se considérer vraiment libre et responsable.

Si on ne l'était pas, notre liberté de changement ne nous attendrait pas pour s'exprimer.

On changerait inconsciemment à bien des niveaux.

Alors que là, c'est comme si le monde tout entier attendait qu'on réalise des choses pour changer.

Le monde ne change activement que là où la conscience change activement.

Sans conscience, l'évolution est comme bloquée dans le temps.

...

La responsabilité de notre conscience vis-à-vis du changement est donc super-élevée.

Si élevée qu'elle en devient un facteur vraiment limitant quand elle est occupée, bloquée ou endormie.

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...

...

Ne présupposez donc pas que votre liberté est omnipotente et active en permanence.

C'est plutôt l'inverse en fait, elle est dormante en quasi-permanence.

Elle attend patiemment que vous vous réveillez.

Encore une fois, notre liberté ne nous pré-existe pas, mais émerge dans les instants de la vie dans lesquels on réalise qu'on existe, qu'on est libre et que l'on s'apprête à utiliser cette liberté pour décider de notre futur.

Tous les instants de la vie dans lesquels nous sommes nous-mêmes absents de notre conscience,

parce qu'on est absorbé par différentes stimulations, parce qu'on a peur de se confronter à notre contrôle, ou que sais-je.

Eh bien on ne réalise pas tout ça.

Et si vous réfléchissez sur votre passé vous réaliserez qu'ils ont tendance à être sacrément nombreux ces instants d'absence.

Êtiez-vous vraiment là quand vous avez vécu votre vie ?

La réponse n'est pas toujours évidente, tant on a tendance à apparaître et disparaître du cours de l'existence.

...

D'où l'importance cruciale d'éveiller sa conscience et de la maintenir éveillée.

Et d'où l'importance cruciale de se responsabiliser vis-à-vis des modèles et des règles que notre esprit construit en arrière-plan pour auto-déterminer la suite de notre existence.

Parce que la disponibilité et l'extension de nos pouvoirs en découlent directement.

Encore une fois, tu ne peux pas avoir la liberté de contrôler ce que tu n'as pas encore réalisé que tu pouvais contrôler,

et intégré ce contrôle dans tes règles et tes modèles mentaux.

Telle que dans un rêve, notre liberté de contrôle émerge au même moment que l'on réalise qu'on l'a et que l'on s'apprête à l'utiliser.

C'est le piège paradoxal de l'inexpérience.

Parce que pour réussir à réaliser des choses, il faut croire qu'on peut les réaliser.

Mais tant qu'on n'a pas eu de preuves qu'on pouvait réaliser ce type de choses, on ne se permet pas d'y croire, on préjuge qu'on n'a pas ce qu'il faut, etc,

et donc on empêche ces choses d'arriver dans notre vie.

C'est pour ça que de temps en temps, il faut lâcher prise sur nos règles et sur nos croyances et utiliser directement le pouvoir de l'action.

Il faut suspendre son incrédulité et se lancer, de sorte à laisser arriver les choses.

Et quand les choses vont arriver, notre esprit va alors s'accorder et réécrire ses vieilles règles en conséquence.

...

Comme je vous le disais dans l'épisode précédent, l'action a un pouvoir très probant sur l'évolution de nos esprits.

Quand on passe à l'action, quand on tente des comportements nouveaux dans sa vie, et que ça donne des résultats, alors nos croyances et celles des personnes qui nous observent évoluent automatiquement et profondément, notre modélisation du monde se transforme, nous acquérons de nouvelles vérités, de nouveaux véhicules mentaux qui changent l'orientation de notre vie.

Et alors nous pouvons nous déplacer vers de nouveaux horizons.

Les règles du jeu ont changé.

...

Le truc c'est qu'actuellement, comme je le disais dans le tout premier épisode, on a beaucoup tendance à juste tourner dans nos têtes.

On étudie la vie, on l'observe, on essaie de la comprendre, on raisonne, mais on n'agit pas beaucoup, on est atteint du "syndrome du savant léthargique".

Et donc on n'a pas trop conscience que les règles et les vérités du jeu de la vie ne sont pas si statiques que ça, parce qu'on se positionne en spectacteur et non en acteur de ce théâtre ;

on bloque la dynamique du mouvement de ces règles de la vie du fait que l'on incarne jamais vraiment de nouveaux changements d'orientations.

...

Mais observer la vie pour la comprendre et la modéliser est une sorte de paradoxe.

Parce que la vie n'est pas un phénomène externe, c'est un phénomène dont on fait partie.

Et la vie n'est pas terminée, elle est en constante évolution.

Chercher à l'observer, chercher à la modéliser, c'est chercher à la définir, c'est chercher à la réduire à ce qu'elle a été dans le passé.

Mais par exemple si avec ma vie je me mets à faire quelque chose qui va à l'encontre de toutes les règles qu'on a observé sur la vie ;

ben mince alors voilà que j'ai changé la vie.

La vie serait donc une chose que l'on peut changer et redéfinir ?

Ben oui bien sûr puisqu'on est la vie et qu'on peut changer.

On pourra observer et étudier tout ce qu'on veut sur la vie on ne pourra jamais observer son futur, on ne pourra que l'incarner.

Et cette incarnation sera soit une reproduction inconsciente du passé, soit du changement conscient.

...

Les seules limites conceptuelles de la vie c'est celles que les êtres vivants, qui vivent actuellement, lui attribuent.

Et donc en tant qu'être vivant, repousser ses limites pour vivre des choses que l'on n'a jamais vécu, c'est redéfinir ce qu'est la vie de manière générale.

...

...

...

Bref, encore une fois pour moi ce qu'on appelle le monde et la vie sont ce qu'on pense qu'ils sont et ce qu'on pense qu'ils sont reflète ce qu'on en fait.

Rien n'est hasardeux dans ce monde, tout se déroule selon un cours qui aurait pu être différent seulement si on avait réalisé les choses différement.

Alors oui, dans l'instant présent on est potentiellement libre de tout changer dans notre vie.

Il n'y a pas ce qu'on pourrait appeler de contraintes "dures" à notre liberté.

C'est à dire qu'il suffit d'une intention forte et bien placée sur un changement, et ce changement commencera à se manifester de manière quasiment instantanée dans notre vie.

D'où notre sentiment très pregnant d'être en contrôle,

parce que la direction de notre vie répond au doigt et à l'oeil à nos intentions.

...

Mais cela dit, on ne développe pas par hasard une intention de changement particulière.

Chaque intention a un contexte, et chaque contexte a des intentions.

Il y a tout un chemin de réalisation qui précède et mène à la naissance d'une intention de changement.

Et ce chemin peut être très long.

Si on divise notre passé en grandes périodes, on peut se rendre compte que les intentions qu'on développait dans chacune de ces périodes étaient typiques du contexte de notre identité à cette période là.

...

De plus, même si on est libre de tout changer dans notre vie, nous n'avons les ressources que pour changer une seule chose à la fois.

Tout est ouvert, et en même temps tout est fermé, car seule une voie peut être empreintée.

Et à chaque instant, ce qu'on choisit de changer est donc conditionné par la petite lucarne de notre conscience, c'est à dire par l'état actuel de ses croyances et de sa façon de choisir.

Ce qu'on pourrait appeler des contraintes "molles" à notre liberté.

Autrement dit, à chaque instant, ce qu'on choisit de changer s'inscrit dans la continuité globale, directe et progressive de notre réalisation passée.


...

Mais tout ça ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire au futur.

Ça veut précisément dire l'inverse.

Ça veut précisément dire que notre degré de réalisation et toutes ces contraintes "molles", ont un impact énorme sur le cours des choses.

Et donc que si l'on essaie de s'organiser pour guider cette réalisation, alors on peut évoluer de manière beaucoup plus radicale.


Et donc une des questions qui me taraude le plus l'esprit c'est : mais bordel tout n'a théoriquement qu'une seule façon de se déterminer, et en même temps tout est si dynamique que rien ne nous est vraiment prédéfini.


L'évolution de notre liberté d'action effective est reliée à notre conscience,

notre conscience est plus ou moins éveillée d'un instant à l'autre,

c'est un phénomène complètement dynamique que l'on peut déplacer, que l'on peut transformer, que l'on peut faire grandir, que l'on peut maintenir en vie, que l'on peut transférer, etc

Ce qui fait que des potentialités aparaissent et disparaissent selon notre activité consciente.

...

Mais alors jusqu'où, jusqu'où peut-on amener notre vie et notre monde si on s'y prend comme il faut ?

Quelle différence ça peut faire si chacun éveille sa conscience et change sa façon de se réaliser ?

Quelle différence ça peut faire sur le cours de la vie humaine si on augmente le niveau de conscience moyen ?


La marge de manoeuvre pour changer ce qu'on est est énorme.

On est très loin de l'idée de prédestination.

Rien ne nous est vraiment prédéfini,

la symphonie de la vie ne suit pas mécaniquement son cours, elle suit le cours des règles que l'on écrit d'instant en instant.

Et donc on a un rôle important à jouer dans ce qu'est la vie sur Terre aujourd'hui,

et la direction qu'elle va prendre dans le futur.

Et il est temps que l'on réalise ça consciemment, parce que sinon ça va se faire inconsciemment.

...

Actuellement, à notre époque "scientifique", on prend beaucoup de choses pour acquises et élucidées.

Mais la vérité c'est qu'on est encore loin de bien comprendre ce qu'on peut faire de nos vies et de notre réalité et ce qu'elles sont vraiment.

On est encore loin de comprendre les intrications, les tenants et les aboutissants de ces phénonomènes.

Et donc on est encore loin d'imaginer le potentiel de ce qu'on peut vivre sur Terre au sein de notre existence actuelle.

Et c'est précisément pour ça qu'on ne met pas en oeuvre ce potentiel.

Tant qu'on n'arrive pas à bien l'imaginer ce potentiel, effectivement c'est comme si on ne l'avait pas.

L'imagination et la réalisation préalables de ce qu'il est vont être les précurseurs de sa mise en oeuvre.

Encore une fois notre liberté d'action ne nous pré-existe pas, mais émerge et ré-émerge aux mêmes moments que l'on réalise qu'on l'a et que l'on s'apprête à l'utiliser.

Ce n'est pas un pouvoir statique qui est complètement acquis et actif en permanence depuis la naissance,

c'est un pouvoir aussi vivant que la vie qui nous habite,

un pouvoir que les fragments de vie que nous sommes réalisent telle une création artistique.

Nous sommes le monde qui s'auto-détermine d'instant en instant.

...

À mesure que l'on avance et que notre conscience s'éveille à la vie, notre esprit construit et raffine les modèles et les règles qui vont déterminer les possibilités de notre existence.

Et donc la direction que l'on va donner à notre existence dans le futur sera en ce sens le reflet de cet éveil de notre conscience sur notre propre potentiel.

...


Et du coup c'est dans cette optique que je fais beaucoup de recherche et de réflexion,

et que j'essaie d'explorer les paradigmes alternatifs qu'un esprit humain peut d'ors et déjà développer dans le présent.

Il s'agit de ne pas partir du principe qu'on fait simplement l'expérience de la vie,

telle qu'elle est objectivement, que tout nous pré-existe et qu'on ne peut rien redéfinir.

Parce qu'actuellement, de manière plus ou moins consciente et délibérée, on est déjà tous en train de définir ce qu'est le phénomène de notre vie.

Il n'y a pas de séparation entre les projecteurs et le film projeté.

Il s'agit donc de ne pas négliger l'impact de toutes ces contraintes molles, de toutes ces règles invisibles qui déterminent notre existence, et de trouver les moyens de les faire évoluer.

Pour pouvoir composer et vivre de meilleures existences justement et contribuer à construire une meilleure réalité.

...

...

...

Peut-être qu'avec cette vidéo vous allez mieux comprendre pourquoi je vous répète que la réalité dans laquelle on vit est fondamentalement quelque chose que l'on pense et que l'on fait entre êtres humains et non quelque chose que l'on observe et qui existe indépendamment de notre existence et de nos actions.

Et étant donné l'influence de toutes ces contraintes molles, peut-être que vous allez mieux comprendre pourquoi je vous disais qu'on peut voir cette réalité comme une sorte de grand rêve partagé auquel on se reconnecte tous les jours, et dans lequel on se réveille (ou en s'endort) chaque matin.

Ou encore comme une sorte de grand réseau biologique de haut-niveau, décentralisé, qui se redéfinit en permanence par le reflet des règles qu'on utilise pour vivre,

c'est à dire par le reflet de la configuration de nos esprits et des interactions qui en découlent.

Si la communication et les interactions entre les êtres humains évoluent... c'est notre réalité toute entière qui évolue.

Elle n'est pas indépendante.

On n'est pas juste des observateurs de la réalité, on est la réalité, à travers ce qu'on en pense et ce qu'on en fait.

D'où l'importance cruciale de l'action, dont je vous parlais dans l'épisode précédent, en tant que vecteur d'évolution de la réalité.

Agir, c'est rendre les choses réelles,

c'est les faire survenir sur ce qu'a été le monde jusqu'à présent.

Ça permet de sortir des vieilles boucles de pensées et de changer les règles du jeu.

...

Et par conséquent aucune action n'est anodine.

Agir c'est à la fois affirmer sa vie, se redéfinir soi, et redéfinir le monde.

...

Et donc, encore une fois, il n'y a pas de mystère,

s'il n'y a pas plus de changement dans le monde,

c'est tout simplement parce que l'on répète toujours les mêmes schémas d'actions,

encore et encore,

et si l'on répète toujours les mêmes actions c'est parce que

1 / on a tendance à s'endormir dans ce rêve de la réalité et perdre conscience qu'on existe et qu'on est libre.

et de 2 / parce qu'en conséquence de cet endormissement, nos paradigmes de pensées n'évoluent pas tellement et n'incitent pas à évoluer.

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...

...

Bref pour terminer concrètement sur les conseils qu'il faut tirer de cette vidéo.


Conseil n°1.

Soyez vraiment là quand vous vivez votre vie.

Ne vous endormez pas.

Restez présent à votre propre existence et à votre liberté.

Travailler cette présence.

...

Et conseil n°2.

Ne considérez pas votre liberté comme acquise et active en permanence.

Considérez là plutôt comme un processus de réalisation que vous pouvez plus ou moins influencer selon votre activité consciente.

Retenez également que c'est un processus de réalisation que l'on partage en êtres humains.

Et donc qui peut être impacté par le type d'interactions que vous entrenez avec les autres, par les informations que vous consommez, etc.

L'imagination et la réalisation de chacun d'entre nous peut se transférer sur les autres, et il s'agit d'en profiter pour accélérer son propre processus de réalisation.

...

...

Encore une fois, prenez conscience que la liberté comme l'existence, n'est pas prédéfinie mais doit être perpétuellement réalisée.

Si vous faites ça régulièrement,

les conséquences que ça aura sur votre futur seront énormes.

...


Sur ce je, voilà qui clôt cette vidéo,

Je vous invite à vous abonner pour écouter la suite.

En attendant si ce que je vous raconte vous intéresse et vous émoustille l'esprit, je vous invite à affirmer vos émotions et à partager cette vidéo :)

Parce qu'en effectuant cette petite action, vous reffaçonerez un tout petit peu cette réalité, ce rêve partagé, dans lequel on vit.

Et petit à petit, c'est comme ça que le changement du monde s'installe.

Aucune action n'est anodine.

Agir c'est à la fois affirmer sa vie, se redéfinir soi, et redéfinir le monde.


Merci de m'avoir écouté,

Ciao


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