Le 24/04/2019

L'Intangible Substance du Moi #0109



Le sens du moi est une sorte de mécanisme d'appropriation et d'enveloppage immatériel assez bête en fait. Son existence repose sur une non-réalisation de ce qui fait sa substance.

Bonjour et bienvenue,

C'est Bertrand de la Fondation MAGister,

l'École des Héros du Monde Réel.


Pour le quatrième épisode de la série sur l'éveil spirituel et la sortie de la matrice de la perception existentielle, la matrice de notre propre création.

...

Vous savez à chaque fois que l'on pense à notre personne dans les scènes de notre vie,

on est toujours là,

on sent notre présence.

À chaque fois que l'on veut se sentir exister, on se sent exister.

Ce qui fait qu'on a l'impression que notre "moi" est quelque chose qui existe en permanence,

quelque chose qui existe au delà de chaque scène dans lesquelles on le sent et dans lesquelles on s'identifie à lui.

...

Mais au delà de chaque scène dans lesquelles on le sent et dans lesquelles on s'identifie à lui, est-ce que notre "moi" est vraiment toujours là ?

Est-ce que cette présupposition est vraiment différente de celle que l'on fait avec les rêves et les films dont je vous parlais dans l'épisode précédent ?

Certes il se passe en permanence plein de choses dans notre tête, dans notre corps, et dans le monde ;

il y a toujours tout un tas de choses qui se préparent et qui se déroulent.

Mais cela dit quand notre organisme ne s'identifie pas à notre "moi", est-ce que notre "moi" est toujours là ?

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Et comme je vous le questionnais au début de l'épisode précedent.

Quand on rêve la nuit. On est où ?

Dans notre rêve en train de vivre des expériences ? Ou dans notre lit en train de dormir et de produire le rêve ?

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Et donc autrement dit si notre sens du "moi" émerge seulement à certains moments de l'existence,

est-ce que toutes ces choses qui se déroulent en permanence dans notre tête et dans notre corps sont vraiment dépendantes de notre "moi" ?

...

Certes quand notre sens du moi émerge, il s'approprie allègrement tout ce qui se déroule et tout ce qui s'est déroulé entre temps comme s'il en était l'instigateur et le créateur responsable.

Mais cette rationalisation rétrospective, n'est-ce pas là une histoire ré-imaginée de ce qui s'est vraiment déroulé ?

N'est-ce pas là un tour de passe passe ?

Est-ce bien raisonnable de croire que cette histoire puisse refléter la vérité ?

Je veux dire il se passe tellement de trucs dans notre tête et dans notre corps,

comment tout cela pourrait-il dépendre de notre petit "moi" ?

De bien des manières, c'est plutôt un spectacle dont le petit moi est à la fois spectateur,  narrateur et superviseur.

Sachant que sa spectation et sa narration contribuent à sa superversion et le réajustement, souvent difficile, de la trajectoire de notre existence qui en découle.

...

Ce qui ne veut pas dire que notre existence se limite à ce spectacteur/narrateur/superviseur.

Attention.

Non, ça veut dire que d'une certaine manière c'est ridicule et absurde de s'identifier uniquement à ce petit "moi".

Alors que de toute évidence, tout ce qui se passe dans notre vie,

dépasse largement le domaine et le pouvoir de notre petit moi.

On est beaucoup, beaucoup plus que ça.

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Et si on faisait bien attention, on le verrait.

...

Techniquement parlant, il n'y a pas une vie qui ne soit pas incroyable.

Même ce qu'on appelle une vie de merde, quand on sort de la comparaison relative entre les vies,

dans l'absolu avoir le pouvoir de la réaliser cette vie de merde, et de faire ce que nécessite son déroulement, ça reste hors du commun.

Ne serait-ce que de créer les milliers et les milliers de pensées qu'on a par jour.

Je veux dire si c'est ton petit moi qui a fait ça pendant toute une vie, c'est du boulot !

Autant de boulot que de faire pousser chaque jour les milliers et les milliers de cheveux qu'il y a sur ton crâne.

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Mais la vérité c'est que tout cela dépasse complètement les capacités de ton petit moi.

...

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Encore une fois

Quand on rêve la nuit. On est où ?

Dans notre rêve en train de vivre des expériences ? Ou dans notre lit en train de dormir et de produire le rêve ?

D'une certaine manière, la réponse est ni l'un ni l'autre.

On est nul part. Et en même temps partout à la fois.

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En fait on peut voir la vie comme un processus d'enaction et de découverte de soi.

Un processus d'enaction et de découverte de notre grand soi je veux dire,

pas de notre petit soi.

Un processus de découverte de notre nature.

Un processus dont l'aboutissement est l'éveil spirituel justement.

Même si cet aboutissement n'est qu'un nouveau commencement,

comme l'a été la naissance de notre petit moi.

...

...

Je ne sais pas si tu as remarqué mais au cours de ta vie,

tu découvres progressivement certains sentiments avec lesquels tu entres en connexion de temps en temps.

Ces sentiments tu ne savais pas que tu les avais en toi avant ta première rencontre avec eux.

Mais en général tu les recroises plus d'une fois.

Tous ces sentiments entraînent des comportements de ta part.

En général, ils t'attirent vers quelque chose où ils t'éloignent de quelque chose.

Et en général, ces comportements entraînent d'autres vagues de sentiments.

...

Et quand tu observes chacune des scènes de la vie de ton petit moi avec suffisamment de recul.

Tu peux te rendre compte que même si tu as toujours suivi ta volonté,

il y a certaines régularités que tu n'avais pas calculées.

...

Tu peux te rendre compte des choses qui t'animent.

Tu peux te rendre compte de ce à quoi tu réponds.

Tu peux te rendre compte que tout ça a progressivement évolué et que tout ça évolue toujours.

Tu peux te rendre compte d'où cette connexion avec tes sentiments t'a mené.

De la même manière si tu observes la vie des autres,

Tu peux te rendre compte de ce qui les animent, ce à quoi ils répondent, d'où ça les a mené, de leur évolution, etc.

Il y a des régularités là aussi.

...

À un autre niveau tu peux également te rendre compte

que progressivement tu développes des croyances et des modèles de la réalité,

et que tout ça te guide et te mène quelque part.

Et en observant les autres,

tu peux te rendre compte qu'ils n'ont pas forcément développé les mêmes croyances et les mêmes modèles que toi.

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Comme si, pour une raison qui t'échappe, leur esprit réalisait le monde différement du tien.

Comme si vous étiez des arbres différents, et que les fruits qui émanent de vous étaient automatiquement différents eux aussi.

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Tu peux te rendre compte qu'au fond, tout cela n'a rien de hasardeux.

Chaque petite différence qui s'est introduite dans ta façon d'être à un moment ou à un autre de ta vie, avait du sens, et s'inscrivait dans une continuité plus large.

Ce qui t'arrive maintenant, si tu regardes bien, il y en avait déjà des signes précurseurs il y a des années et des années.

...

Nous faisons des choses.

Certaines choses nous arrivent.

Et même quand on ne le soupçonne pas,

les scènes de notre vie font toujours partie de la grande pièce qui se joue.

Autrement dit nous énactons quelque chose de grand, quelque chose qui nous dépasse complètement,

et à mesure que nous l'enactons, nous le découvrons.

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Quand tu prends du recul sur ta vie,

tu peux te rendre compte que petit à petit, toi comme les autres,

tu dessines quelque chose avec ta vie.

Tu peux te rendre compte que ce dessin, il est très connecté avec le tout.

Tu peux te rendre compte de sa place dans le grand dessin.

Tu peux te rendre compte que si Dieu est l'intelligence évolutive de la nature qui gouverne ce monde,

alors d'une certaine manière, tu es l'un des pinceaux de Dieu ;

un pinceau ayant été lui-même crée par Dieu,

à partir de sa propre matière.

...

Un pinceau qui dessine selon sa propre volonté,

volonté qui n'est autre que la volonté de Dieu ;

et que Dieu à travers cette incarnation et toutes les autres,

continuera d'insuffler dans de nouvelles créations ;

...

Autrement dit, tu peux te rendre compte que tu es l'une des multiples faces de la forme actuelle de Dieu, l'intelligence évolutive de la nature qui gouverne le monde.

Dieu a donné naissance à ton individualité, et Dieu survivra à ton individualité.

Même si d'une certaine manière, tu n'es en fait jamais né.

Tu as toujours été Dieu.

Tu n'en avais juste pas conscience.

Parce qu'avec le temps, et toutes ces réincarnations et toutes ces subdivisions, tu t'étais perdu dans toi-même, tel un amnésique.

...

Mais encore une fois ne te méprends pas.

D'un instant à l'autre de ton existence, l'ancien toi a toujours donné naissance au nouveau toi.

Penses-tu vraiment que tu es exactement le même qu'il y a une seconde ?

Non.

D'une certaine manière, on meurt et on renaît à chaque seconde.

...

Qu'est-ce qui te fait croire qu'avant ce que tu crois être ta naissance,

tu avais moins de pouvoir sur ta détermination qu'après ta naissance ?

Ce que tu crois être ta naissance, c'est en fait le moment où tu as commencé à t'identifier à quelque chose de différent et où tu as complètement oublié qui tu étais avant.

Oubli qui ne t'a pas empêché de poursuivre ta détermination exactement comme tu le voulais.

Le moment où d'une certaine manière, tu as commencé le processus menant à ta redécouverte.

...

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Vous savez le sens du "moi" est une sorte de mécanisme d'appropriation et d'enveloppage immatériel assez bête en fait.

Son existence repose sur une non-réalisation de ce qui fait sa substance.

Et ce n'est pas étonnant que quelque chose qui est si convaincu de sa propre existence individuelle,

puisse être convaincu que cette existence traversera sa mort.

Le "moi" peut en effet être convaincu que sa substance essentielle, son âme, survivra à sa mort,

parce qu'il est trop aveugle pour réaliser qu'il n'existe pas vraiment indépendamment du monde,

trop aveugle pour réaliser qu'il est juste une abstraction, une enveloppe immatérielle, traversée par tout un tas de choses, et donc qu'il ne peut mourir.

Encore une fois, ironiquement, cette volonté de conserver la substance du soi est liée à une non réalisation de ce qui fait la substance du soi.

...

Je veux dire on peut catégoriser pratiquement tout ce qui se passe dans notre esprit en trois catégories :

Catégorie 1, de l'activité mentale liée à la satisfaction de nos besoins biologiques primitifs,

à savoir les besoins physiologiques et les besoins de sécurités.

Catégorie 2, de l'activité mentale liée à la satisfaction de nos besoins plus egoïques et culturels, à savoir les besoins d'appartenance, les besoins d'être estimé et les besoins d'accomplir quelque chose dans ce monde.

Catégorie 3, de l'activité mentale liée à ce qui se passe dans la culture dans laquelle on vit et aux informations dans lesquelles on baigne et que l'on relaie, activité qui en elle même, est une parcelle essentielle de l'existence de cette culture.

...

Autrement dit des catégories fondamentalement liées à notre corps et au monde dans lequel on se situe.

Si on enlève ces trois catégories, qu'est-ce qu'il reste ?

Pas grand chose.

Et donc si tu n'as plus de corps et que tu n'es plus dans ce monde qu'est-ce qu'il reste à conserver de ton esprit ?

Une abstraction complètement vide.

Car d'une certaine manière notre sens du "moi" c'était juste un moyen de référencer dans une même abstraction toutes ces choses concrètes qui nous traversent,

histoire de se simplifier la perception et de pouvoir mener notre part d'existence de manière plus pragmatique.

...

Ainsi donc, étant une abstraction, notre moi n'a jamais eu une seule naissance, et donc il ne peut pas vraiment mourir non plus....

...

Je veux dire est-ce qu'une personnne a la même âme à 5 ans qu'à 50 ans ?

Et si ce n'est pas le cas, c'est quelle âme qui survivra à sa mort ?

Et où elle va aller cette âme ?

...

Est-ce que d'un jour tu peux devenir et réaliser des choses radicalement différentes de ce que tu as été et de ce que tu as réalisé jusque là ?

N'es-tu pas obligé de vivre des choses dans ce monde pour cela ?

N'as-tu donc pas besoin du monde pour exister ?

...

Penses-tu vraiment que les évenements que tu as vécu ne t'ont pas façonné ?

Penses-tu vraiment que les personnes que tu as rencontré ne t'ont pas façonné ?

Penses-tu vraiment que la culture dans laquelle tu as baigné ne t'a pas façonné ?

Penses-tu vraiment que tu n'as pas été inspiré par tout un tas de choses ?

...

Notre existence s'inscrit dans un phénomène follement large.

On fait partie d'un tout.

Notre esprit est indissociable du corps, de l'environnement, de l'époque et de l'héritage desquels il a émergé et dans lesquels se situe sa course.

Un esprit qui veut se préserver de la mort,

c'est comme une des vagues d'un océan qui veut préserver sa forme en milieu de course de peur de disparaître,

parce qu'elle se dissocie de l'océan et ne réalise pas que depuis le début, elle est l'océan.

C'est absurde.

En premier lieu, c'est l'océan duquel elle se dissocie qui lui a donné cette forme qu'elle veut préserver.

Et cette forme elle a du sens ici et maintenant.

Dans 100 ans elle sera probablement complètement obsolète.

Cette vague elle devrait s'occuper de ce que l'océan a toujours à lui donner,

s'occuper d'avoir la plus belle forme qu'elle peut avoir,

et de créer la plus belle course de sorte à ce que son passage ait un sens et des conséquences bénéfiques au tout.

...

Notre âme, oui quelque part elle existe.

Et elle survivra à notre mort.

Car elle est partout.

C'est l'eau de l'océan.

L'eau qui nous traverse et qui nous donne forme.

Elle est irréductible à une seule individualité.

Elle dépasse et traverse complètement toute individualité de passage dans le flux continu de l'existence.

De la même manière que le sens du moi, que nos sentiments, que nos émotions, que tous les systèmes internes qui contribuent à notre existence,

dépassent et traversent tout être humain de passage dans l'humanité.

...

Et sur ce, on continue de parler de tout ça dans le prochain épisode,

En attendant, je vous invite à vous abonner si ce n'est pas déjà fait,

à laisser un pouce bleu si vous avez apprécié cet épisode, ça m'aide pour le référencement.

Quoi qu'il en soit je vous remercie de m'avoir écouté jusqu'au bout

et je vous dis à très bientôt pour la prochaine vidéo,

Ciao


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